Dans les années 1920, le quartier actuel est alors constitué de jardins, de terrains maraîchers, de carrières de calcaire et de champignonnières, sur Maisons-Alfort et sur Créteil.

L’avocat Louis Fliche fait acheter par la Société de Saint Vincent de Paul, dans laquelle il était très actif, des jardins à Maisons Alfort (94) et à Villetaneuse (93) pour les mettre à disposition de familles défavorisées pour y cultiver fruits et légumes. Mais également préoccupé de loger ces familles, il y fait construire des pavillons. La SA d’HBM fait construire 28 maisons en 1922-1924 . Cette cité-jardins pour familles nombreuses offre un toit à “200 personnes dont 133 enfants au-dessous de 16 ans”, comme l’indiquent les cartes postales d’époque. Le curé de Notre-Dame du Sacré-Coeur de Maisons-Alfort – Charentonneau, l’abbé Filleux, veut faire construire une chapelle pour ces habitants, et il trouve une donatrice, Melle de Plinval, qui aide à financer la construction, à condition que cette chapelle porte le nom de Saint-Pascal-Baylon. Elle est consacrée le 17 mai 1925, jour de la fête de saint Pascal.

L’ancienne chapelle Saint-Pascal, dans le cité Saint-Vincent-de-Paul, il y a presque un siècle. Le bâtiment est occupé aujourd’hui par Emmaüs Liberté

A partir de 1930, une messe est célébrée chaque dimanche. Un vicaire de Charentonneau est chargé de la paroisse. A la fin de cette décennie, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Féminine (J.O.C.F.) se développe, et ensuite la J.O.C, pour les jeunes gens.

Le quartier se développe peu à peu, des pavillons se construisent, et dès 1943, on commence à faire des projets de construction d’une nouvelle chapelle.

Dans les années 50, beaucoup de jardins disparaissent : on construit la cité des Planètes, premier ensemble de logements collectifs du quartier (qui sera suivi par plusieurs autres : les Bleuets, les Pinsons, la rue Viet, le Halage, etc.).

Dans cette période d’expansion du quartier, il est décidé de construire cette église dont on parlait depuis longtemps. Mais le terrain envisagé n’est plus disponible, c’est pourquoi elle est édifiée dans la cité des Planètes, en rez-de-jardin d’un immeuble de cinq étages. Le cardinal Feltin, archevêque de Paris, la bénit le 22 juin 1958. L’abbé Poignavent, vicaire de Charentonneau, chargé depuis 1950 de Saint-Pascal, et qui vient de déménager rue Chéret, déclare lors de la célébration à propos de cette nouvelle chapelle « à demi-souterraine, si originale » : « Je voudrais seulement vous inciter à l’aimer, quelle qu’elle soit, comme tout chrétien doit aimer son église paroissiale ». Ce à quoi le cardinal répond : « Oui, il fallait ici une église, et il fallait qu’elle fut moderne comme il faut que soit moderne la communauté des chrétiens pour bien vivre avec son temps, pour lui porter le Christ en un effort commun d’apostolat. » Rue Chéret une pancarte, indiquait alors : Église souterraine Saint-Pascal, prendre l’escalier ». Le bulletin paroissial, fondé en 1957, et disparu dans les années 70, s’intitulait « Le Grain de blé ». Il avait l’ambition de « porter à tous les habitants du quartier Saint-Pascal-Baylon les nouvelles de sa vie religieuse et à l’occasion de sa vie sociale, mais au-delà de ces nouvelles, se faire l’écho de la Bonne Nouvelle de l’Évangile ».

L’intérieur de l’église, dans les années soixante

Puis, le 1er mai 1960, la paroisse Saint-Pascal est officiellement érigée et l’abbé Poignavent en devient le premier curé. Les paroissiens sont très actifs, très impliqués dans la vie sociale du quartier, dans la vie associative, dans les Centres sociaux, au Comité de quartier. Dans le bulletin paroissial, on parle de l’extension de la ligne de bus 104, décisive pour la vie des familles, de l’arrivée de la pharmacie, du Famiprix (aujourd’hui à l’enseigne de Carrefour City), etc. Dans ces années 60 encore, des communautés de religieuses s’installent rue Chéret et avenue Laferrière. Les soeurs servent la paroisse et le quartier à travers les soins infirmiers, le soutien scolaire, le catéchisme.

Le premier mariage célébré à l’église

La paroisse est très vivante. Dans les années 70, on se préoccupe donc des besoins en locaux paroissiaux, alors que la population du quartier augmente toujours. On prévoit qu’elle pourrait atteindre 25 000 habitants. Mais deux changements vont peu à peu produire leurs effets sur la vie paroissiale :

  • si une certaine diversité à toujours marqué le quartier (ainsi, très tôt des paroissiens s’impliquent – avec d’autres militants – dans l’alphabétisation des populations originaires d’Afrique du Nord), cette diversité s’est progressivement accrue, et le quartier est devenu peu à peu multiculturel. Les catholiques, la paroisse, donc, y constituent une force parmi d’autres ;
  • en France, à partir du milieu des années 60, une partie de la population catholique « décroche », et cesse de pratiquer.

Dès lors, peu à peu, la paroisse Saint-Pascal devient un petit troupeau. L’église paraît bien grande, et c’est pourquoi le diocèse, depuis quelques années, la met à disposition de la communauté copte orthodoxe, le dimanche matin.

La communauté paroissiale de Saint-Pascal-Baylon, un petit troupeau ! Elle n’est pas tout le quartier, loin de là, mais elle existe pour tous et pour toutes, s’efforçant à travers ses membres de partager les joies et les espérances, les tristesses et les angoisses des hommes et des femmes d’aujourd’hui.

Et pour terminer, voici un article paru le dimanche 12 novembre 1967 dans un hebdomadaire catholique que nous n’avons pu identifier